samedi 1 mars 2014

Jean NICOLAY

Jean Nicolay est un ancien footballeur belge né le 27 décembre 1937 et décédé le 18 août 2014 à l'âge de 76 ans.


























































Jean Nicolay est le troisième de la fratrie à jouer au Standard de Liège, après ses frères l'attaquant Adolphe et le gardien Toussaint.

Il débute dans les cages du Standard, en championnat de Belgique, contre le Daring club de Bruxelles, le 18 avril 1954, alors âgé de 16 ans. Mais, ce n'est qu'en 1958 qu’il s’impose comme titulaire du poste, après avoir remplacé son frère Toussaint lors d’un match de Coupe d'Europe des Clubs Champions face aux écossais, Heart of Midlothian. Il porte les couleurs des Rouches durant 501 rencontres officielles, dont 336 matches de championnat et 38 de coupe d'Europe. Il remporte quatre fois le titre, en 1958, 1961, 1963 et 1969. Il est Soulier d'or belge en 1963.

Il devient International le 24 mai 1959 lors d'un match amical au Heysel, contre l'Autriche perdu 2 à 0. Cela ne l'empêche pas de jouer 39 matches avec les Diables Rouges, jusqu'en 1969, année de la révélation du jeune Christian Piot.

Jean Nicolay part cette même année au Daring Club de Bruxelles, avant de revenir dans sa province de Liège, au Royal Tilleur FC, pour la saison 1971-1972.

Il mène plus tard une carrière de technicien du football. Il devient entraîneur des gardiens à Winterslag en 1981, sur la demande d'Henri Depireux. Puis il va au Standard de Liège, FC Metz, FC Malines, RFC Sérésien. Il travaille également pour l’équipe de Suisse puis de Belgique, avant de revenir une nouvelle fois au Standard. Il a participé entre autres à la préparation de Vedran Runje à partir de 1998.

Il dirige l'école des gardiens du Standard depuis 2008.

Carrière :

Parcours junior
1953-1956: Belgique Standard de Liège

Parcours professionnel:

1956-1969: Belgique Standard de Liège 501Matchs (0but)
1969-1971: Belgique DC Bruxelles
1971-1973: Belgique Royal Tilleur FC

Sélections en équipe nationale

1959-1969: Belgique 39Matchs (0but)

Palmarès : 

Champion avec le Standard de Liège : 1958, 1961, 1963, 1969
Vice-champion 1962, 1965
Coupe de Belgique : 1966 et 1967
International belge : 39 sélections entre 1959 et 1967
Soulier d'or 1963.
Meilleur gardien du tournoi de Cadix












































































Gerd Müller-Jean Nicolay























Champion1961























3 générations de gardiens de but du Standard à gauche Michel Preud'homme et son épouse à droite Jean Nicolay dans le fond Christian Piot et son fils























Piot -Nicolay









































































Journée portes ouvertes 2011 : Jean Nicolay-Christian Piot-André "popeye" Piters






















Jean Nicolay :" Mon palmarès, c’est ma richesse. C’est un bien précieux que je ne voudrais jamais monnayer. Certains joueurs, aujourd’hui, gagnent énormément d’argent, mais n’ont pas de palmarès. Je ne les envie pas…"




















































Quelques témoignages au lendemain de son décès, par Michel Dubois
Article du 19/08/2014
Jean Nicolay avait une longueur d’avance sur les autres gardiens

Copain d’épopée resté son grand ami, Léon Semmeling retrace Jean Nicolay
"Son cancer du poumon ne date pas d’hier. Fidèle à lui-même, Jean a lutté jusqu’au bout pour le combattre. Il a connu des périodes de rémission. Quand il rechutait, il recommençait la chimio avec un courage inouï. Il a retardé l’échéance au maximum. Il a, hélas! perdu son tout dernier match."

C’est ce que Léon Semmeling, son compagnon d’épopée des années soixante demeuré son ami, a expliqué à Paul Bonga Bonga, qui lui téléphonait pour prendre des nouvelles de Nicolay, comme pour illustrer cette fraternité rouche si intense à l’époque. "Jean et moi étions restés des amis. Nous nous appelions régulièrement. Si l’on excepte cette saison, Nicolay était, lui aussi, un habitué des matches à Sclessin."

P’tit Léon a alors exhumé de ses archives la photo, dont il ne se séparera jamais, d’une équipe du Standard de l’époque. "J’ai noté que, sur les onze joueurs alignés ce jour-là, sept ne sont plus là. Jef Vliers, Michel Delire, Henri Thellin, Roger Claessen, Denis Houf, Marcel Paeschen et, aujourd’hui, Jean Nicolay nous ont quittés. Maurice Bolsée, Paul Bonga Bonga, Istvan Sztany et moi sommes les seuls rescapés."

L’ailier droit du grand Standard du début des années soixante, celui qui disputait d’épiques rencontres en Coupes d’Europe, rend hommage à son ami : "Jean était un homme entier. Il révélait un caractère bien trempé. C’est ce caractère qui lui a permis de réaliser autant de prouesses tout au long de la carrière qui fut la sienne. Le voir s’entraîner dans des conditions qui n’étaient pas celles d’aujourd’hui suscitait l’admiration. Jean témoignait d’une audace incroyable dans ses prises de risque. Cette audace, également, reflétait son caractère. Elle le différenciait des autres gardiens. La majorité d’entre eux restait sur leur ligne. Jean présentait l’avantage de savoir anticiper. Il jouait assez haut. C’est cette faculté qui lui a permis de prendre la place de son frère Toussaint dans les buts du Standard."

Gagneur invétéré, Jean Nicolay accusait les défauts de ses qualités : "Son caractère ne le prédisposait pas à être un bon perdant. Il avait son franc-parler. Quand il avait quelque chose à dire, il l’exprimait, sans nuance. On le respectait car on avait confiance en ses qualités de gardien de but."

Jean Nicolay a officié un certain temps comme entraîneur des gardiens. L’Académie y a retenu son nom. Même si son éviction l’avait rendu amer, il y avait, là aussi, forcé l’admiration : "Jean souffrait atrocement d’un genou. Il me l’avait exhibé. Je me suis toujours demandé comment, dans l’état dans lequel il se trouvait, il pouvait faire ce qu’il faisait. Il devait être vraiment très fort."

Si, à l’inverse de Roger Claessen, son effigie ne trouvera pas place au fronton du stade de Sclessin, Jean Nicolay mériterait que le Standard ne l’oublie pas. "Il est, lui aussi, un monument. Il fut un peu à la base de la grande époque du Standard. Il est un des pionniers émérites du grand Standard."

Christian Piot :"Mon idole puis mon maître"

Christian Piot, son successeur, rend un vibrant hommage à son aîné

Si la maxime qui prétend que qui se ressemble s’assemble s’assimilait à une parole d’évangile, Jean Nicolay et Christian Piot n’auraient certainement jamais pu vivre en harmonie comme ils l’ont fait au Standard quand le premier cité a pris le second sous sa coupe.

Dans la vie courante, les deux hommes ne se seraient peut-être pas spontanément liés d’amitié tant leurs caractères - l’aîné soupe au lait , le second beaucoup plus placide - s’opposaient.

"Jean Nicolay était l’archétype du vrai Liégeois" , le dépeint son successeur dans les buts du Standard. " Sociable et agréable à vivre en général, il avait aussi la tête près du bonnet. Il valait mieux ne pas se frotter à lui quand il était en colère! Ses coups de gueule, ses prises de tête étaient fréquentes. Elles n’effrayaient ou ne choquaient que ceux qui ne le connaissaient pas vraiment. Car Jean se calmait aussi vite qu’il était monté dans les tours. Personnellement, je lui pardonnais volontiers ses brefs emportements car j’estimais que la carrière qu’il menait rendait légitimes ses haussements de ton."

Dix ans séparent les deux gardiens. Christian Piot voue un immense respect sportif à son aîné. "Jean était mon idole avant de devenir mon maître. Il était une légende vivante. Son décès l’érige en légende tout court. À l’époque de ma prime enfance, les enfants jouaient encore au foot dans les rues. Gamin d’Ougrée, je ne faisais pas exception à la règle. J’étais, déjà, gardien de but. Je me faisais appeler Nicolay…"

Quand Christian Piot intégra le noyau de première du Standard, son aîné le prit, naturellement, sous son aile : "J’ai très vite pu mesurer la chance qui m’était donnée de travailler avec lui. Jean Nicolay m’a tout appris. Je l’ai d’abord regardé. J’ai observé son placement. Il m’a ensuite beaucoup conseillé. Il m’impressionnait, aussi. Lorsqu’il s’installait dans son but, il oubliait la peur. Il n’avait jamais froid aux yeux. Casse-cou authentique, il était un des seuls gardiens que je connaissais à oser sortir tête en avant sans se protéger. Son audace dans ses jaillissements le rendaient exceptionnel. Il s’imposait aussi comme le patron naturel de sa défense. Quand il criait, ses défenseurs savaient qu’ils avaient tout intérêt à obtempérer à ses injonctions."

Au fil du temps, l’écart entre l’aîné et son dauphin s’est réduit inexorablement au point qu’une concurrence s’est instaurée entre les deux derniers remparts du Standard : "Je me souviens du jour où Jean m’a lancé une remarque, en wallon. Cette fois-là, je lui ai répondu. A-t-il pris ombrage de ma réplique ? Il a ensuite grommelé : Je ne te dis plus rien : tu es prêt…"

Joseph Jurion : "Le meilleur avec qui j'ai joué!"

L’Anderlechtois Joseph Jurion fut souvent son capitaine en équipe nationale

Est-il exagéré de prétendre que, dans les années soixante, il suffisait d’un rien - d’un mot d’un acteur mal choisi parfois - pour que la rivalité entre les deux clubs pères du professionnalisme belge, Anderlecht et le Standard, s’exacerbât ?

Non, bien sûr.

Le témoignage de Joseph Jurion, capitaine du Sporting bruxellois mais aussi de l’équipe nationale quand Jean Nicolay en défendait les buts, l’atteste : "Je ne sais pas si, en championnat, on pouvait trouver un adversaire plus farouchement anti-anderlechtois que le gardien du Standard. Jean était un vrai rouche de cœur. Il était aussi la passion incarnée. Quand les deux clubs s’affrontaient, il n’existait pas de joueur plus résolu à notre perte que Nicolay. Au point que, sur le terrain, il pouvait se rendre coupable d’un mauvais geste. Je me souviens notamment du choc qui l’avait opposé à Gaston Dewael, notre avant-centre, et dont il était l’unique responsable."

Cette… répulsion à l’égard d’Anderlecht - qu’au terme de sa carrière Jean Nicolay n’a jamais niée - n’empêchait pas les Rouches et les Mauves d’enterrer - à fleur de sol toutefois - la hache de guerre quand ils se retrouvaient en équipe nationale. "Là, Jean se métamorphosait", sourit Jef Jurion. " Il devenait la gentillesse incarnée. Je ne prétends pas que nous étions des amis. C’était impossible : il était... Standardman ! À notre époque, nous faisions régulièrement tables à part : les Anderlechtois tapaient le carton d’un côte, les Standardmen jouaient aux cartes du leur. Lors des mises au vert, nos échanges verbaux étaient assez limités, mais la cohabitation entre nous était acceptable. Elle l’était d’autant plus que, sur le terrain, Nicolay sortait fréquemment des prestations du feu de Dieu. C’est bien simple : je l’ai toujours considéré comme le meilleur gardien avec qui j’ai évolué en équipe nationale. Je ne lui rends pas hommage aujourd’hui parce qu’il est de tradition de louer celui qui vient de nous quitter : je le proclame parce que j’ai toujours pensé que Jean était le meilleur de tous."

Joseph Jurion a disputé 64 matches officiels avec les Diables Rouges.

Paul Van Himst: "Le jour où je l'ai fait râler"

Les nombreux face-à-face qui ont opposé, dans notre championnat, le Liégeois Jean Nicolay à l’Anderlechtois Paul Van Himst n’ont jamais affecté les bonnes relations que ces deux grands footballeurs avaient nouées dans les vestiaires de notre équipe nationale. "Je le rencontrais de temps à autre, quand mes petits-fils allaient affronter le Standard", révèle Paul Van Himst. "La dernière fois que je l’ai vu, il m’a avoué qu’il était malade. Son décès m’attriste, mais il ne m’a pas particulièrement étonné."

Les performances répétées du gardien du Standard tant avec son club qu’en équipe nationale n’ont jamais laissé les Anderlechtois indifférents : "Un moment, j’ai même considéré Nicolay comme un des tout meilleurs gardiens d’Europe. Ses sorties, surtout, étaient impressionnantes. Elles étaient dangereuses mais calculées. Il savait ce qu’il faisait car il lisait toujours très bien la trajectoire du ballon."

Même s’il apparaissait en infériorité linguistique en équipe nationale, Jean Nicolay-le-pur-Wallon n’a jamais pu se sentir victime d’un ostracisme de la part de ses équipiers, en majorité néerlandophones : "Il n’y a jamais eu de problème de cette nature. Jurion, Hanon, moi-même et d’autres encore parlions également français. Jean était un garçon vivant, sympa. Et puis… nous étions très heureux de pouvoir nous appuyer sur un gardien de cette valeur."


Combien de fois, en championnat, Paul Van Himst a-t-il trompé Jean Nicolay ? "Je l’ignore. Je me rappelle seulement lui avoir inscrit deux buts en un seul match, lors d’un Anderlecht - Standard, que le Sporting avait largement remporté. Je l’avais notamment mystifié d’un coup franc de l’extérieur du pied. Cette fois-là, j’ai pris plaisir à l’entendre râler…"

Le dernier adieu à Jean Nicolay


























Paul Bonga Bonga























Georges Heylens-Henri Depireux





















Etienne Delangre-Christian Piot





















Etienne Delangre - ?





















Georges Heylens





















Jacky Beurlet

































Wilfried Van Moer





















Georges Heylens-?-Henri Depireux





















Christian Piot













Henri Depireux


 Helmut Graf





































































1969 - Jean Nicolay (Daring) et le bourgmestre Edmond Machtens.



























Saison1961-62
























Debouts de g à d : Jef Vliers,  Maurice Bolzée,  Lucien Spronck,  Paul Bonga-Bonga,  Jean Nicolay,  Henri Thellin.
Accroupis de g à d : Léon Semmeling,  Istvan Sztani,  Roger Claessen, Denis Houf,  Marcel Paeschen.

Jean Nicolay - Frans Dignef































René Hauss-Jean Nicolay






















02-02-1964 Standard - Antwerp 6-1 

























Jean Nicolay recevant son soulier d'or 1963 remis par le rédacteur en chef des sports de Het Laatste Nieuws Jan Punlix, derrière de g à d Werner Deprez et Vicki Mees

Roger Petit-Jean Nicolay
































Jean Nicolay - Christian Piot
































Jean Nicolay-André Paty (kiné)



































31-03-2009 Jean Nicolay-Léon Semmeling





















20-03-1968

























La défense Thissen-Nicolay-Jeck-Beurlet qui joua le test match Milan AC-Standard 2-0





































1980 Jean Nicolay - Michel Preud'homme
































3 souliers d'Or Jean Nicolay, Michel Preud'homme, Christian Piot
































03/1981





























28/05/1967 finale Coupe de Belgique Standard - FC Malines 3-1 (a.p.)